Les états génaraux des RIP France à Très Haut Débit - L'avenir en chantier(s)

9 avril 2015 - Villa le Cercle - Deauville

Quel avenir pour les RIP ?

30 septembre 2026

Quand le Programme France Très Haut Débit a été lancé il y a maintenant près de 15 ans, il visait à assurer une couverture du territoire français en THD à 100%. Cela incluait des technologies alternatives comme le SDSL, le Wimax hertzien ou le satellite. Mais cela a lentement glissé vers le « 100% fibre » avec des intensités de chantier et des niveaux d’investissements tout à fait imprévus, notamment pour les opérateurs privés. Les collectivités locales et la filière ont néanmoins fait le job, parvenant à faire de la France le pays le mieux connecté d’Europe. Aujourd’hui, le réseau fibre est en train de devenir la SEULE infrastructure numérique du pays (le cuivre étant en cours de démantèlement) et doit donc faire l’objet de tous les soins quant à sa résilience et à sa maintenance car il est devenu hautement stratégique pour notre souveraineté, face aux aléas climatiques mais aussi géopolitiques. Quel avenir pour ce réseau qui doit donc être éminemment « résilient » à l’heure où rien n’est prévu pour financer sa maintenance ni son évolution…?

Quand le Programme a été initié, personne ne savait combien ça coûtait de déployer un tel réseau, et le lignes directrices de l’ARCEP pour la tarification datent de cette époque. Sans mise à jour pragmatique, de nombreux RIP risquent de « déposer le bilan », laissant au quasi-abandon des réseaux essentiels faute de réalisme dans un pays qui se targue d’avoir l’Internet le moins cher du monde, mais n’en a sans doute pas les moyens. Quel avenir à court terme pour ces réseaux qui ne trouvent pas leur modèle économique, et auxquels on demande toujours plus avec toujours moins?

Mais l’avenir des RIP, c’est bien sûr les RIP de 3ème génération, les Réseaux Multi-Services qui permettent de monitorer et de piloter le territoire : économies d’énergie, économies d’eau, supervision de la tranquillité publique, collecte des déchets intelligente, pilotage de l’éclairage public, gestion/anticipation des crues et des incendies… Ces réseaux « du dernier mètre », asservis aux grands réseaux fibre, sont le bout du bout de la transformation numérique des territoires, transition qui soutient leur durabilité et leur performance en termes de qualité du service public.

Pour cette 16ème édition, la communauté publique-privée de l’aménagement numérique des territoires se réunit pour poser les bases de la suite, à l’heure d’un débat présidentiel duquel cette question est absente, comme si les réseaux ce n’était pas si important que ça à l’heure de l’IA qui fera tout à notre place…

Alors gardons en tête que sans réseaux robustes, pas de bénéfices du numérique pour les territoires, et pas de souveraineté nationale. Les réseaux Très Haut Débit ne sont pas neutres, ils sont le système nerveux du pays. Sur les réseaux d’eau comme d’électricité, les gouvernants d’hier avaient mis en place les conditions financières de leur maintien et de leur évolutivité. Ils voyaient loin. Gageons que nos édiles d’aujourd’hui ne sont pas myopes et qu’ils nous éviteront un brutal et douloureux « shut down » numérique français.

Sébastien CÔTE, Commissaire général des États Généraux des RIP


Où et quand ?

Mardi 31 mars 2026, Les Franciscaines, 145 B Avenue de la République, 14800 Deauville

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