Les réseaux d’initiative publique ont tenu leur promesse. Ils ont permis à la France de se doter d’infrastructures très haut débit solides et largement déployées. Ce succès collectif est acquis.
Les réseaux déployés doivent désormais devenir des réseaux connectés, capables d’accueillir des usages, de la donnée et des services au service de l’action publique et de l’économie locale. C’est à cette condition que l’investissement consenti prendra toute sa valeur et que le très haut débit deviendra un levier de transformation des territoires.
Un réseau public ne crée de valeur que s’il est exploité, maintenu et capable d’évoluer dans le temps. Or, sur le terrain, les conditions d’exploitation se tendent. L’augmentation des charges, la complexification des interventions, le renforcement des exigences en matière de qualité et de sécurité, comme l’impact du dérèglement climatique sur les infrastructures, exercent une pression croissante sur des modèles économiques conçus dans un autre contexte.
L’équilibre économique des RIP n’est ni un sujet secondaire ni un débat technique. Il conditionne la continuité du service, la qualité de l’exploitation et la crédibilité de l’action publique en matière d’aménagement numérique.
Faire du très haut débit un acquis durable suppose d’aborder cette question avec responsabilité. C’est la condition pour que les réseaux publics continuent de soutenir la cohésion territoriale, le développement économique et la souveraineté numérique.
Arnaud VAN TROEYEN, Directeur général d’Altitude Infra