Le numérique sur les territoires n’est jamais neutre. Il peut être sécurisé ou non, souverain ou dépendant, créateur de valeur pour l’économie française ou simple infrastructure sans maîtrise. Ce choix est avant tout politique.
En 2012, la France a fait un choix structurant avec le Plan France Très Haut Débit. Celui de l’égalité des chances, de l’aménagement équilibré du territoire et de l’investissement collectif. Ce choix a porté ses fruits. Aujourd’hui, notre pays bénéficie d’un positionnement unique, avec une avance reconnue dans le déploiement de la fibre optique.
La mutualisation des réseaux a ouvert une voie singulière. Elle permet à des territoires ruraux d’accéder à l’internet des objets et à des services numériques jusqu’alors réservés aux grandes métropoles. C’est une force et une singularité française.
Mais cette première étape ne suffit plus. Le contexte climatique, géopolitique et économique a profondément évolué. La question n’est plus seulement celle de la couverture, mais celle de la maîtrise. Du réseau jusqu’au datacenter, les règles doivent être renforcées. La souveraineté logicielle ne peut exister sans une souveraineté technique et économique des infrastructures.
C’est le sens du manifeste porté par InfraNum. Il défend une vision renouvelée de l’aménagement numérique, fondée sur des infrastructures durables et maîtrisées, au service des services publics de demain et de l’égalité entre les territoires. Ce tournant est stratégique et doit être pris maintenant.
Ilham DJEHAICH, Présidente d’Infranum